Recrutement et emploi franco-allemand

Salaire en Allemagne

Quel est le salaire minimum en Allemagne en 2019 et en 2020 ?

Équipe FRADEO
 • 
30 octobre 2019

Contrairement à la France, où le SMIC (Salaire Minimum Interprofessionnel de Croissance) a été introduit dès 1950, le salaire minimum (Mindestlohn) n'a été instauré en Allemagne qu'à partir du 1er janvier 2015.

Au 1er janvier 2019, le salaire minimum allemand était de 9,19 € brut par heure. Au 1er janvier 2020, il sera de 9,35 € brut par heure. À titre de comparaison, le SMIC en France en 2019 était de 10,03 € brut par heure.

Le salaire minimum allemand dans le détail

Quelles personnes bénéficient du salaire minimum en Allemagne ?

Depuis le 1er janvier 2015, toutes les personnes qui travaillent sur le territoire allemand, y compris les personnes étrangères, doivent être payées au salaire minimum. De nombreux secteurs d'activités bénéficient néanmoins de régimes spéciaux (Tarifverträge) prévoyant un salaire minimal tarifaire (tariflicher Mindestlohn) qui, dans tous les cas, doit être supérieur au salaire minimum légal (gesetzlicher Mindestlohn).

Quelles personnes ne peuvent pas prétendre au salaire au minimum en Allemagne ?

Comme en France, le salaire minimum ne s'applique pas aux personnes mineures. Sont également exclus de cette réglementation les étudiants et étudiantes qui effectuent un stage dans le cadre de leurs études. Ces stages obligatoires sont en effet régis par la loi sur la formation professionnelle (Berufsbildungsgesetz) et non par le droit du travail.

Le salaire minimum ne vaut également pas pour les stages effectués à titre volontaire (sans convention de stage) pour une durée inférieure à trois mois. Par contre, si le stage dure plus de trois mois, il tombe sous le coup de la loi du travail et doit donc être rémunéré au salaire minimum. En légiférant de la sorte, les responsables politiques ont souhaité mettre un terme à une pratique qui consistait à employer des stagiaires comme main-d’œuvre de remplacement plutôt que de créer des postes soumis à cotisations sociales.

Enfin, les chômeurs et chômeuses de longue durée (plus d'un an), s'ils retrouvent du travail, ne peuvent prétendre au salaire minimum qu'après une période d'activité de 6 mois (à moins que leur secteur d'activité ne fasse l'objet d'un salaire minimum tarifaire tel que défini plus haut).

De la même manière, les éventuelles mesures (Maßnahmen) prises par le Job Center (Pôle Emploi allemand) à l'encontre des bénéficiaires de l'aide sociale allemande (Hartz IV) ne tombent pas sous le coup de la loi sur le salaire minimum - d'où le caractère parfaitement légal des tristement célèbres Ein-Euro-Jobs.

Le salaire minimum : comparaison entre la France et l'Allemagne

Salaire minimum horaire et mensuel

En 2019, le SMIC brut horaire français (10,03€) est donc plus élevé que son pendant allemand (9,19 €). Cependant, lorsqu'on se penche sur le salaire minimum brut mensuel, les salariés et salariées allemands paraissent mieux lotis que les français (1521,22 € pour la France contre 1592,90 € pour l'Allemagne en 2019). Cette discrépance s’explique tout simplement par la différence de la durée légale du temps de travail hebdomadaire (35 heures en France contre 40 heures en Allemagne).

Salaire minimum et pouvoir d'achat en 2019

Pour comparer intelligemment, encore faut-il tenir compte du coût de la vie dans chacun des deux pays. Pour ce faire, les instituts de statistiques utilisent une unité monétaire artificielle : le SPA (Standard de Pouvoir d’Achat), ou en anglais, le PPS (Purchasing Power Standard). Pour simplifier, une unité SPA permet en théorie de se procurer la même quantité de biens et de services dans tous les pays. Or, selon les données d'EUROSTAT, on constate que le Mindestlohn confère un pouvoir d'achat plus élevé aux salariés allemands que le SMIC aux salariés francais.

Petite histoire du salaire minimum en Allemagne

Le salaire minimum : pour quoi faire ?

Le débat précédent l'entrée en vigueur de la loi sur le salaire minimum s'est caractérisé par d'immenses craintes et de grandes espérances. Du côté des adversaires, on craignait qu'une augmentation globale du coût du travail n’entraîne une perte de compétitivité ainsi que la destruction de nombreux emplois. Du côté des défenseurs, l'idée était d'enrayer le dumping salarial, de relancer la consommation, et de renflouer les caisses de l'état en transformant des contrats précaires en contrats soumis à cotisations, tout en limitant le nombre d'Aufstocker - c’est à dire de travailleurs pauvres qui continuent de percevoir l’aide sociale en complément d’une rémunération insuffisante.

La loi du 11 août 2014

Âprement débattue au Bundestag, la loi sur le salaire minimum (Mindestlohngesetz) a finalement été adoptée le 11 août 2014. Elle est entrée en vigueur le 1er janvier 2015 bien qu'une période de transition ait été prévue jusqu'au 1er janvier 2017 afin de permettre aux entreprises de certains secteurs (notamment l'agriculture, l'industrie textile et la livraison de journaux) de s'adapter à la nouvelle réglementation.

La loi a également instituée une commission (Mindestlohnkommission) dont la mission est de fixer annuellement le montant du salaire minimum. Cette commission est paritairement composée de représentants des employeurs ainsi que de représentants des syndicats, assistés de conseillers scientifiques.

Le salaire minimum en Allemagne : quel bilan ?

Presque cinq ans après l'instauration du salaire minimum, force est de constater que celui-ci, loin de détruire le marché de l’emploi allemand, semble avoir soutenu la croissance. Les indices économiques allemands se maintiennent en effet au beau fixe, surtout si l’on compare le taux de chômage et le PIB par habitant de l’Allemagne à celui de ses voisins européens.

Évidemment, l’introduction du salaire minimum a surtout profité aux couches les plus économiquement fragilisées de la population allemande. L’office allemand de la statistique constate ainsi que le salaire minimum est surreprésenté dans les « nouveaux Länder ». En outre, toujours selon la même source, 60% des personnes qui gagnent le salaire minimum en Allemagne sont des femmes.

Ainsi, si l’on peut déplorer que les allemandes continuent de gagner globalement moins que leurs collègues masculins (Gender Pay Gap estimé à 21%), y compris sur des postes identiques (Gender Pay Gap estimé à 6%), on peut néanmoins se féliciter, à l'instar de la Confédération des syndicats allemands (DGB), de ce que l'introduction du salaire minimum ait permis de réduire l'écart salarial global entre les sexes. Une tendance confirmée par une étude menée entre 2006 et 2018 par la Fondation Hans Böckler qui, dans son analyse, souligne elle aussi le rôle positif joué par l'entrée en vigueur du salaire minimum.

Équipe FRADEO

Équipe FRADEO

Cabinet de recrutement franco-allemand